Diamond dogs

Diamant, volé sur un site allemand de minéralogie

Presque trois semaines d’interruption sur ce blog, bien occupées, même si l’avancement de la Complainte des Arcanes n’est pas conforme à mes attentes, beaucoup de recherches, et un changement majeur de la structure narrative qui m’a conduit à reprendre en profondeur les chapitres déjà écrits.

Je voulais initialement intituler ce post “Perles et Diamants”, puisqu’il s’agit d’un petit collier de trouvailles disparates, mais l’hommage discret “au poète impeccable, au parfait magicien ès lettres françaises” (vous aurez reconnu la dédicace des Fleurs du Mal) a finalement disparu pour un titre plus moderne, mêlant David Bowie et Alastair Reynolds, qui me convient sans doute mieux. Les voici donc, ces perles maladives, en vrac.

Allez, le week-end du 10 juin je prends l’avion pour descendre au salon du livre de Nice. Plus de Libé à bord, je me rabats sur Le Figaro, que j’ai un peu de mal à lire. Direction les mots croisés, donc, histoire de passer le temps. Et là, en 6 vertical de cette page 46, cette définition “Noir des bennes”, dont je découvre peu à peu la solution, avec un frémissement d’horreur : “éboueur”. J’hésite un instant entre la connerie et la méchanceté, et puis je me rappelle avoir déjà rencontré des définitions tout aussi pernicieuses dans les grandes grilles du week-end. Racisme rampant, planqué au fond des puzzles, mal camouflé derrière un humour qui ne fait rire que des vieux cons. Ça pue. Une perle noire, en quelque sorte.

Au salon du livre, rencontre avec des tas de gens sympa. Allez donc faire un tour sur le site de Mario Ramos, un illustrateur belge qui raconte des histoires pour enfants. Certaines sont écrites avec sa compagne Andréa, ils sont fort sympathiques et j’adore ! Un peu comme un collier en roudoudou, petites perles sucrées pleines de couleurs.

L’ami JM Erre (oui, je connais son vrai prénom, celui que l’éditeur n’a pas voulu faire apparaître sur la couverture) signe son livre Prenez soin du chien à côté de moi, et ma foi, nous faisons connaissance. Son roman policier canada dry me fait hurler de rire, une vraie petite perle de méchanceté et de cynisme, pleine d’humour.

Dans la nuit, interview sur France Inter. Étrange, cet immense bâtiment vide aux longs couloirs silencieux. Un peu inquiétant. Dans le studio, confortablement installés autour des micros, on a l’impression d’être dans une ferme de montagne, autour d’un feu de cheminée qui s’éteint doucement. On se raconte des histoires sur un ton doux, on prend le temps… Ambiance cosy, donc, avec Brigitte Kernel et Simonetta Greggio, dont je vous ai déjà parlé. Son roman, Étoiles, est un petit bouquet de perles de saveurs, comme une assiette de Michel Bras, ça pétille sous la langue.

Deux semaines d’exil provincial pour donner mes cours de management. Toulouse et Pau, évidemment tout se passe dans l’assiette. A Pau, le FIPAU (forum international des peuples autochtones) déroule son programme dans un chapelet d’orages et de nuages gris. Costumes étranges dans les rues, papous, indiens guatémaltèques, aborigènes, un mandala réalisé… Quand les cultures d’ailleurs visitent le Béarn, étonnants téléscopages au pied du château, dans l’entrelacs de rues et de ponts, au bord du gave.

Retour parisien, sous la pluie également. Concert de Franz Ferdinand à l’opéra Garnier, leur rock de synthèse envahit les ors de la grande salle. Autre télescopage étonnant, les technologies de pointe dans les bâtiments du siècle dernier. Intéressant, Franz Ferdinand, pêchu. Mais en me trémoussant sur les strapontins, en voyant tous ces gens en train de prendre des photos avec leur téléphone portable (la soirée était organisée par Nokia), leur musique me paraît un peu artificielle, j’y entends surtout des influences rock venues de bien loin, des Clash, des B 52’s, des Doors, et c’est très bien, mais c’est un peu comme une pierre de synthèse, un diamant artificiel, pas tout à fait la beauté naturelle des vrais… La suite du programme est à l’avenant, Soulwax, 2ManyDJs, accords électro qui résonnent un peu trop dans le foyer. Ceci dit, je crois bien que le dernier concert auquel j’avais participé, c’était Jimmy Sommerville à l’Olympia, ça date pas d’hier. Mais les fauteuils avaient été arrachés :-)

Et puisqu’on parle musique, allez donc voir le charmant CRAZY, film québecois, débordant d’humour et de sentiments, dont la bande son vous fera voyager dans le temps : cette saga familiale commence dans les années 60, et vous y entendrez les tubes qui ont bercé votre jeunesse, David Bowie, les Stones, les Floyd, ils sont tous là, et, ma foi, remis dans leur contexte “historique”, ils sont toujours aussi puissants. Moi qui n’écoute plus que de l’electro et de la techno (essayez donc justmusic.fm), je vais peut-être me refaire un plongeon rock dans les jours qui viennent.

Allez, un dernier petit diamant pour la route. Un article lu dans le journal -argh ! lequel ? Saviez vous qu’une société suisse vient de commercialiser un étonnant service ? Après la mort d’un proche, vous pouvez leur confier les cendres produites par la crémation du corps. Quelques mois plus tard, ils vous les rendent sous la forme d’un diamant, dont la taille dépend du budget que vous avez bien voulu y consacrer. Si vous aimiez votre grand-mère, vous pouvez donc désormais la porter autour du cou, ou du doigt… Certains diront sans doute que l’expression “bijoux de famille” est plus d’actualité que jamais… Pour ma part, j’ai eu cette vision terrible d’un petit personnage coincé dans une pierre précieuse pour l’éternité, hurlant et tapant sur les facettes du cristal, demandant à ce qu’on le laisse sortir. Berk !

 

~ par ThC le 26 juin 2006.

Une réponse to “Diamond dogs”

  1. Je ne suis pas d’accord avec la conclusion de cet article. Si on pousse l’analyse plus loin : comment résister à la tentation de se faire monter une dernière fois et pour l’éternité ?

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