Serpents cosmiques
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Les contes de fée sont morts, enfouis loin derrière nous, disparus avec les veillées au coin de la cheminée, partis avec les vieux dans les maisons de retraite. Oh, bien sûr, les parents lisent toujours à leurs enfants des histoires avant de dormir, des histoires synthétiques, artificielles, achetées en librairie, inventées par d’ingénieux marketeurs et parfois même validées par des psys. Vivons donc avec notre époque, et ne regrettons pas cette matière à rêves, à projections, que Bruno Bettelheim avait disséquée dans son célèbre Psychanalyse des Contes de Fée.
Heureusement, d’autres contes modernes ont pris le relais, même s’ils sont réservés aux plus grands. Le besoin de rêver semble plus que jamais crucial, et nombreux sont les secteurs économiques à l’avoir compris. Le jeu vidéo, bien sûr, ou le jeu tout court. Au hasard de la Grille, j’ai découvert la secte des Nephilim, êtres étranges affiliés aux différents arcanes du Tarot, qui évoluent dans un Paris secret, dont je vous livre ici l’atlas occulte.
La science nous réserve aussi, l’air de rien, sous ses atours froids de docteur en médecine, des surprises d’ampleur. Le Serpent Cosmique, de Jeremy Narby, en est sans doute un exemple des plus flagrants. Son livre (ou sa théorie) part du constat suivant : l’ayahuasca, la boisson hallucinogène des chamanes amazoniens, est un composé chimiquement subtil de plantes diverses, dont les propriétés conjuguées développent les effets psychotropes. L’équilibre de cette composition supposant des connaissances impossibles à imaginer dans les tribus locales, Narby s’interroge avec des mathématiciens sur la probabilité d’obtention d’un résultat identique dans une démarche aléatoire, pour découvrir qu’elle est quasiment nulle.
Impossible à expliquer, donc, comment des hommes et des femmes se balladant à poil au milieu de milliers d’espèces végétales ont réussi à créer cette soupe d’enzymes… Sauf si les plantes elles-mêmes expliquent comment faire, une des grandes composantes du chamanisme. Le reste, eh bien je vous laisse le découvrir dans ce livre fascinant, séduisant comme un conte de fée, auquel on a envie de croire tellement l’histoire est belle.Pour en savoir plus, vous pouvez lire en suivant les liens ci-après un entretien avec Jeremy Narby, et, pour rester objectif, l’analyse d’un de ses détracteurs.
Moi, personnellement, j’ai choisi de rêver, et ce texte m’a beaucoup inspiré pour certains passages du Chant des Arcanes.





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