Un ciel couleur télévision

Pudong, Shangai, ThC

C’est Valentin qui me disait récemment que la plupart des romans commencent par la description d’un ciel… Alors, pour ne pas le faire mentir, voici en version originale l’une des plus belles premières phrases que je connaisse. C’est simple, elle me fait immédiatement vibrer :

The sky above the port was the color of television, tuned to a dead channel.”

Vous l’aurez peut-être reconnu, c’est le début de Neuromancer, publié en 1984 par William Gibson, le grand maître du courant cyberpunk. Ce mec est un pur génie, il a un talent incroyable pour pousser d’un cran les tendances d’aujourd’hui, les décaler d’un poil, et en faire les fondements du monde de demain. Presque japonais dans cette façon de créer du nouveau avec des débris d’ancien. Rien d’étonnant sans doute, à ce que la plupart de ses histoires se déroulent sur les deux rives d’un océan Pacifique futuriste, entre Tokyo, San Francisco et Los Angeles – même si son dernier livre, Pattern Recognition, fait la part belle à la vieille Europe et à la Russie.

Et puisque demain c’est déjà aujourd’hui, j’ai choisi pour illustrer cet article une photographie prise à Shanghai en novembre 2005. Le ciel pollué, d’une couleur presque artificielle, la densité de l’air, les cargos sur la Huangpu, la tour de télévision et de télécommunications de Pudong. Tout y est -ou presque.

 

~ par ThC le 19 janvier 2006.

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